THÉÂTRE DE LA MANUFACTURE
A l'origine manufacture de tabac, puis successivement Festival
Mondial du Théâtre, Comédie de Lorraine,
et enfin Centre Dramatique National, le Théâtre
de la Manufacture n'a de cesse de nous transporter d'un univers à l'autre.
A travers des prestations variées et toujours plus innovantes,
sous la direction de Charles TORDJMAN depuis maintenant 10 ans,
musiciens, comédiens, metteurs en scène de toutes
nationalités et de tous horizons créent un melting
pot artistique qui nous laisse entrevoir des spectacles d'une
originalité assurée.
Le Théâtre de la Manufacture a créé en
1996 le festival Passages, consacré au théâtre à l'est
de l'Europe. Ce festival devenu rendez-vous annuel, est né du
désir de faire connaître l'état de la création
théâtrale à l'est, les imaginaires et les
attentions qui peuplent les scènes des théâtres,
alors que les murs sont tombés, que l'économie
de marché y a produit de nombreux bouleversements.
Spectacle, représentation
| du 16/03/10 au 31/03/10
| ARRETEZ LE MONDE, JE VOUDRAIS DESCENDRE | | Les chevaux de bois vernis ont brisé leurs entraves et déserté la piste depuis longtemps. Et pourtant, ça tourne toujours ! Ça s'emballe,
même! Et ça revient, ça se télescope dans ce mouvement circulaire qui depuis toujours fait du cirque un espace cosmique (et souvent
comique, il faut bien le dire! ). Ça ne tourne pas vraiment rond dans ces orbites où l'on philosophe avec une poule qui pond des oeufs
durs et un marabout à noeud pap'. Alors, tournez, tournez manège! Et hop! Un peuple cochon, un âne fanfaron, une dame espérée! Et hop,
un petit monsieur à bouquet, enamouré, un poisson rouge aux yeux tendres ! La tournette redistribue tout ça à la petite semaine, lancée
dans une folle sarabande par une espèce de Docteur Jupiter, démiurge tonnant. Alors, le poisson rouge dialogue avec l'humain
métamorphosé, l'homme se confie à l'âne humanisé, la chèvre se régale du bouquet tandis que la dame convole avec la poule
chantante... Ni du cirque, ni du théâtre, c'est encore autre chose, une sorte de spectacle monstre mais attachant comme un Frankenstein
des Carpates qu'on ne peut s'empêcher de trouver attendrissant et qui nous fait tourner la tête... Des images envoûtantes, oniriques et
fantasmatiques servies par les musiques composées par le violoniste Alexander Balanescu, et la flamme rouge, vive, impétueuse, des
cheveux de Lily. |
Spectacle, représentation
| du 27/04/10 au 08/05/10
| BAB ET SANE | | Bab et Sane naît sur la rive suisse du Léman, au Théâtre Vidy-Lausanne, l'un des plus grands centres de création d'Europe où se
croisent des artistes du monde entier. René Zahnd, directeur adjoint du théâtre, lecteur infatigable, a la curiosité éveillée par un fait divers
réel, une anecdote lausannoise qui fait grand bruit. Après la chute du dictateur zaïrois de sinistre réputation, le Maréchal Mobutu, sa
propriété lausannoise reste sous la garde de deux gardiens, chargés d'entretenir le terrain, sa maison, et de la protéger des voleurs
(notamment une cave des plus grands crus !). René Zahnd décide d'écrire sur ces deux personnages. Une maison somptueuse
ironiquement baptisée Villa Paradis est le cadre de cette pièce à l'humour subtil où les deux gardiens reclus exorcisent leur peur d'être
assassinés en singeant la morgue hautaine du Maréchal tout en dégustant du Pétrus. «Entre duel et duo», les rapports dominé-dominant
sont inscrits dans de savants jeux de miroirs et de masques où la réalité glisse, sans que l'on y prenne garde, dans un abîme. |
Spectacle, représentation
| le 20/05/10
| FLOWERS IN THE MIRROR | | L'ouverture à la Chine du Festival Passages 2007 fut marquée par la présentation à Nancy du Roi singe par la troupe de L'Opéra du
Sichuan de Chengdu. Ces dépositaires d'une technique stupéfiante, le changement de masque, faisait pour la première fois son
apparition en France. Les arts martiaux mêlés au raffinement de la danse, du chant et de la musique produisaient un spectacle total
chatoyant et revigorant. Une féerie de l'oeil, de l'oreille et de tous les sens. Ainsi, le théâtre chinois parle à notre âme l'entraînant sur les
voies multiples du rêve et du plaisir, de la pensée aussi bien que de l'émerveillement par la grâce de l'esprit et du corps étroitement
alliés. Yin et Yang, toujours ces deux faces animent le souffle qui donne vie aux personnages fantastiques imaginés par Li Ju Chen dont
cette extraordinaire fée des fleurs qui déréglant les saisons est punie à une sévère déchéance parmi les mortels. Mais, libérée par le
lettré Tang Ao, celle-ci se consacre à l'étude. Comme de nombreux films de cape et d'épée chinois, l'action est située dans un VIe siècle
légendaire, siècle alors dirigé par une femme, l'impératrice Wu Zeitan (625-705), seule impératrice à avoir jamais dirigé la Chine en son
nom propre. Charles Tordjman dirige ici la dynamique troupe de Chengdu mêlant ainsi les charmes d'orient et d'occident qui se
retrouvent sur le terrain du sensible et de l'art en offrande. |
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