BASILIQUE & PLACE SAINT-EPVRE
C'est à l'évêque
de Toul Saint Epvre, évangélisateur zélé,
que l'on dédia la paroisse primitive de la ville vieille.
Nancy ne l'engloba en ses murs qu'à partir du XIIIème
siècle. Plusieurs
édifices se succédèrent en bordure de la
place du marché dominée par la tour de la basilique.
Ce beffroi faisait office de tour de guet où se réunissaient
les représentants de la municipalité
et où l'on conservait les archives.
L'édifice gothique, élevé entre
1436 et 1451, qui était scrupuleusement orienté,
fut rasé en 1863 afin qu'on puisse lui substituer une
basilique de style ogival au chœur tourné vers le
sud. Prosper Morey (1805-1886), architecte municipal, vit son
projet sélectionné
; il travailla au nouveau Saint-Epvre de 1862 à 1875.
On lui doit également les églises Saint-Fiacre
et Saint-Nicolas. Très controversé quant à son
style et parce que l'on n'avait pas conservé
(contrairement aux assurances données aux nancéiens)
l'ancienne tour, le projet achevé reçut finalement
les louanges de Viollet-le-Duc.
L'abbé Simon,
curé de Saint-Epvre, lança une souscription publique
pour faire face aux travaux ; son successeur à partir
de 1865, l'abbé Trouillet, poursuivit son œuvre
en sollicitant les grands de ce monde qu'ils appartiennent à l'élite
lorraine ou au gotha européen. L'empereur François-Joseph
offrit le grand escalier d'accès et des verrières
le représentant, ainsi que son épouse, sous les
traits de saint François et de sainte Elisabeth, les vitraux
offerts par Napoléon III et l'Impératrice les figurent
en saint Louis et sainte Eugénie (vitraux aux visages
retouchés après 1870).
L'abbé Trouillet veilla aussi à faire
dégager Saint-Epvre de l'étau des ruelles tortueuses
qui l'enserraient. Il repose dans le transept ouest sous son
portrait en orant de marbre blanc ; ce tombeau rappelle les libéralités
du prêtre envers sa paroisse (il offrit, par exemple, les
symboles des quatre évangélistes qui décorent
le parvis). On retrouve l'effigie du jeune curé
Trouillet bénissant sur le piedroit le plus à l'ouest
du grand porche.
De nombreux vitraux, boiseries, pièces de mobilier et
une spectaculaire crèche furent réalisés
par des artisans viennois, comme pour rappeler que la famille
de Lorraine régnait alors sur l'Autriche.
Par privilège papal l'église Saint-Epvre
fut promue basilique mineure en 1874.
La verrière, figurant saint Epvre ayant à ses pieds
la maquette de l'ancienne église gothique et sainte Odile,
vit le jours à
la Belle Epoque.
La tour s'élève jusqu'à 87
mètres au-dessus de ses propres toitures de cuivre verdi
; elle domine la ville vieille et abrite des familles de faucons
crécerelle.
En
décembre 1999 la tornade qui ravagea la France mit à mal
la basilique, elle avait été classée au
titre des Monuments Historiques quelques mois auparavant.
Sa rénovation extérieure est programmée
sur quinze ans.
Au centre de la place Saint-Epvre, qui ne conserve
plus l'écrin d'arcades de ses halles, au milieu d'un pavage
en écailles, se dresse la statue de René
II par Mathias Schiff, elle fut érigée à l'occasion
du jubilé
de l'abbé Trouillet