LA PLACE D'ALLIANCE
Ancienne
place Saint Stanislas, elle fait partie de l'ensemble architectural
conçu par Emmanuel
Héré (inspiré par son souverain qui
se piquait d'architecture aussi bien que de philosophie), cette
sobre place de 90 mètres de côté fut implantée
sur les terrains du potager ducal. Héré
posséda une demeure sur la portion occidentale du quadrilatère,
elle faisait face à l'hôtel d'Alsace.
En 1756, à Jouy, Louis XV et Marie-Thérèse
d'Autriche (épouse de François III de Lorraine,
qui était devenu par son mariage l'empereur François
1er) signaient un traité d'alliance. Stanislas,
très favorable à cette décision, décida
de mettre la place sous la protection du nouveau traité plutôt
que sous le patronage de saint Stanislas. Une fontaine que le
brugeois Louis Cyfflé avait
initialement dédiée aux gloires militaires de Louis
XV et que l'on destinait au parvis de l'Intendance, fut mise
au goût du jour à renfort de cornes d'abondance,
de trophées, d'écussons et de devises telles que " Eternel
traité de concorde année 1756 ", " L'ancienne
et la nouvelle fidélité forment maintenant un même
vœu ", " La discorde est vaincue
par cette alliance voulue de tous " et " L'ancienne
et la nouvelle fidélité forment maintenant un même
vœu " et, au sommet de l'obélisque de pierre
un génie de plomb claironna l'événement
(l'original est conservé au Musée
lorrain).
Un
bassin chantourné à plusieurs lobes reçoit
l'eau que déversent trois vieillards barbus symbolisant
des fleuves. Les figures, les appliques sont en plomb ; la vasque
de la fontaine, l'assise en forme de rocher, la terrasse, l'obélisque
sont en pierre. Le modèle de Cyfflé est indéniablement
la fontaine baroque des Quatre Fleuves de Bernin pour la Piazza
Navone de Rome qu'il a revisitée avec beaucoup de talent.
Les façades de la place sont unifiées : mêmes
cordons moulurés séparant les niveaux, agrafes
aux motifs voisins, à l'exception du côté sud-est
(plus ancien) qui reçut des agrafes plus soignées
que ses voisins et de quelques appuis de fenêtre qui, ça
et là, apportent un peu de fantaisie. Les plus beaux escaliers
de la place (pour les décors sculptés dans la pierre
ou moulés dans le stuc) sont regroupés dans la
partie sud-est, leurs fers forgés sortent de l'atelier
de Jean Lamour.
Une double rangée de tilleuls cerne le
terre-plein de la place, ils furent plantés en 1763.