HÔTEL FERRARIS
La famille Ferrari voulu rappeler ses origines
italiennes en marquant sa demeure de ses armoiries constituées
par les lys de Florence. On retrouve cette fleur au balcon de
la façade, sous le porche et en cul-de-lampe de l'escalier
d'honneur ainsi que le long de sa rampe en alternance avec le
chiffre des Ferrari-Fontette.
Louis de Ferrari, issu d'une famille du nord de
l'Italie, était au service du duc Charles V de Lorraine exilé
par l'invasion française. Son fils Léopold étant rentré dans
ses états lorrains y introduisit Louis de Ferrari qui s'intégra
à la noblesse locale en épousant Anne-Charlotte de Fontette.
Il semble avoir fait construire cette demeure à partir
de 1717.
L'emprise
au sol de l'hôtel est délimitée par la rue de Haut-Bourgeois
(qu'il faut entendre dans le sens de haut bourget ou faubourg)
et la rue du Petit-Bourgeois. Le plan de cette somptueuse demeure
est certainement l'œuvre de Germain
Boffrand qui était arrivé en Lorraine en 1711 pour édifier
le nouveau Louvre du duc Léopold, veiller à la réalisation du
château de Lunéville puis se vit confier la création des demeures
à la ville comme à la campagne des plus grands
seigneurs de la cour (au nombre desquels le prince.de Beauvau-Craon).
Le grand porche d'accès de la demeure est timbré
par un mascaron représentant Saturne, il est dominé par un élégant
balcon soutenu par des consoles ouvragées, lui-même surplombé
par un fronton triangulaire et un cartouche rocaille. Ce cartouche
a été expurgé des armes des Ferrari durant la Révolution mais
son support, constitué de gracieux chiens de Fô (en fait des
dragons légendaires !) inspirés de l'art chinois, a subsisté.
Sous le porche un cadre de pierre laissé vide
était décoré initialement d'une copie de
l' " Aurore " de Guerchin. A main droite s'ouvre l'imposant
volume de l'escalier orné d'une grille de Jean
Lamour ; une loggia décoré d'un trompe-l'œil architectural
et un ciel peuplé d'oiseaux exotiques dominent la volée de l'escalier
de pierre jusqu'à l'étage noble.
L'enfilade des grands salons présente une suite
de pièces : antichambre classique ; salon Directoire puis un
grand salon de style Empire aux portes décorées de victoires
antiques copiées à La Malmaison ; enfin, de petits
salons de facture Louis XV.
La maison étant ensuite passée entre les mains
de la famille de Vioménil, sous l'Empire, le plafond nuagé du
grand escalier fut doté d'un aigle de tôle peinte dont la tête
suivait les indications de la girouette du toit.
La cour s'orne d'un joli puits rehaussé d'un visage
de femme souriant, dont les tresses sont nouées sous le cou ;
la niche du puits s'adosse à l'imposante cuisine au sol de pierre
et dotée d'une cheminée au vaste manteau.
La fontaine, campée sous un arc surbaissé, est
veuve de deux groupes d'angelots pêcheurs qui encadraient la
statue de Neptune appuyé à un cheval marin ; c'est au début du
XXème siècle que les angelots furent séparés du dieu de la mer.
Les sculptures se détachaient sur un trompe l'œil de congélations
et coquillages en grisaille dont on devine encore les motifs,
cette niche peinte avait été restaurée à la
Belle Epoque par le peintre Ramel.