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EGLISE SAINT-SEBASTIEN

L'édifice se dresse dans un quartier qui fut toujours très actif et riche en artisans (le ferronnier Jean Lamour possédait un maison dans ce secteur) et manufacturiers (tanneurs, drapiers, batteurs d'or, ...). Le quartier vit le jour en 1589 par la volonté du duc Charles III qui voulait égaler les cité italiennes modernes.

Eglise Saint SébastienPremière paroisse de la Ville Neuve, sa fondation remonte à 1593. Elle est dédiée à saint Sébastien, un des intercesseurs priés au temps de l'épidémie de peste qui ravagea la Lorraine un siècle durant.

L'architecte nancéien Jean-Nicolas Jennesson édifia l'église actuelle en calcaire de Meuse de 1720 à 1731. Elle fut consacrée le 9 août 1732 par Scipion-Jérôme Bégon, évêque de Toul.

Toute la carrière de Jennesson se déroula en Lorraine où il resta attaché à ses ducs successifs : Léopold, François III et Stanislas.

Jennesson choisit le parti d'un plan d'église-halle aux collatéraux de même hauteur que la nef, rendant l'intérieur très lumineux ; pour sa façade, il s'inspira de celle, incurvée, de Sainte-Agnès de Rome. Le deuxième niveau est composé d'une grande baie, où s'inscrit une horloge du XIXème siècle (qui remplaça les armoiries de Lorraines soutenues par deux aigles de François Chassel martelées à la Révolution), l'élévation de l'horloge appuyée par deux amortissements en console, des vases pots-à-feu et deux imposantes statues (saint Sébastien et le Duc Léopold) offertes en 1882 par l'abbé Trouillet, curé de Saint Epvre et bienfaiteur de la ville.

Les sculptures de la façade - œuvres de Joseph-Dieudonné Pierre - rassemblent, en simulant des tapisseries, des trophées religieux, des angelots et des médaillons représentant le Christ, la Vierge, saint Charles Borromée et saint Nicolas.
L'intérieur est scandé par des voûtes sur pendentifs reposant sur des colonnes ioniques ; la coupole du transept est ornée de bas-reliefs relatant le martyre de saint Sébastien.
Le chœur a été orné en 1816 par un crucifix attribué au sculpteur du Grand Siècle César Bagard.

Le peintre de Stanislas, Jean Girardet est inhumé dans la partie gauche de l'église, son monument funéraire -sculpté par Söntgen en 1783- fut détruit en 1792 ; remplacé en 1801 par le sculpteur Joseph Labroise et le peintre Laurent qui composèrent une allégorie de la Lorraine éplorée tentant d'empêcher le Temps de recouvrir le portrait de Girardet.

La partie basse d'une des tours du chevet semble dater d'un édifice antérieur. Ces tours, coiffées de lanternons, sont couvertes d'ardoise comme tout l'édifice.
En 1751 Stanislas fit démolir la Maison Vincent, hôtel de ville de style Renaissance, pour désenclaver Saint-Sébastien.

Le deuxième ghetto de Nancy (le premier fut créé au moyen âge, en Ville Veille, le long de l'actuelle rue Jacquard) s'étendait derrière Saint-Sébastien ; la belle synagogue (classée Monument Historique), qui date en partie du XVIIIème siècle, a heureusement subsisté au réaménagement du quartier dans les années 1970.

Le marché couvert fut édifié en 1850 et dans les années 1975-1976 on rasa le quartier au sud de l'église pour y bâtir un centre commercial.