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NOTRE-DAME DE BONSECOURS

A l'issue de la bataille de Nancy, des milliers de cadavres furent inhumés dans une grande fosse, près du ruisseau de Jarville. En 1484, un religieux obtint de René II la permission d'y élever une chapelle et un ermitage. Le sanctuaire placé sous le vocable de Notre-Dame-de-Bonsecours par le duc était parfois nommé église de Notre-Dame de la Victoire et des Rois (à cause de la date de la bataille de Nancy, veille de la fête des Rois Mages), le peuple la nommait Chapelle des Bourguignons. Objet de remaniements et d'agrandissements successifs, elle fut rasée par Stanislas qui posa la première pierre du sanctuaire en 1738 avec l'intention d'en faire la chapelle funéraire de sa famille (en effet, n'étant pas de la maison de Lorraine, les Leszczynski ne pouvaient prétendre à une sépulture au côté des anciens ducs).

Eglise Notre-Dame de BonsecoursLe jeune Emmanuel Héré a conçu ici une église présentant une parenté certaine avec l'ancien sanctuaire du cimetière Saint-Nicolas de Vienne ; dans la façade, il inséra quatre colonnes colossales d'ordre composite, elles sont rescapées du château inachevé de La Malgrange (Œuvre de Boffrand pour Léopold).

L'inscription " caritas " rappelle que le sanctuaire avait été confié à l'ordre des Minimes et les armoiries de Stanislas que le roi de Pologne avait décidé d'y reposer.

Les deux niches du premier niveau abritent les statues de sainte Catherine et saint Stanislas (patrons de la reine de Pologne et de son époux) ; ces deux intercesseurs sont aussi destinataires des autels latéraux de l'église. Notre-Dame-de-Bonsecours est l'un des rares témoignages du style rococo religieux en France ; il est particulièrement expressif dans les statues polychromes qui ornent la nef , la chaire très ouvragée, les stucs colorés des placages (dus aux frères Mansiaux) et la grille de chœur (les grilles originales de la coursive ont disparu à la Révolution, les stalles datent du XIXème siècle et les confessionnaux sont sortis des ateliers Vallin). Les voûtes ornées de fresques de Gilles Provençal (1742) représentent l'Annonciation, l'Assomption, l'Immaculée-Conception et des emblèmes de la Vierge.

Les drapeaux décorant le sanctuaire évoquent les victoires des princes lorrains au Saint-Gothard, à Mohacz.

Les vitraux de la nef datent du XIXème siècle, ceux du chœur(refait en 1862), offerts par Napoléon III en 1868, figurent le mariage de la Vierge et la Présentation de Jésus au temple.

Une effigie de Marie du type "Vierge au manteau" règne sur le chœur, commande de 1505 de René II à Mansuy Gauvain, sa polychromie d'origine a été un peu lourdement restaurée, elle n'en demeure pas moins un remarquable témoignage de la sculpture de la fin de l'époque gothique et fut souvent reproduite pour satisfaire la piété populaire voyant en elle la grande protectrice des Lorrains.

De nombreux vœux s'attachent à l'histoire de cette église : épidémie de peste de 1631 (attestée par le monument de 1646, restauré en 1742 puis en 1848).

Tombeau de StanislasDans la crypte reposent Stanislas et son épouse dont les tombeaux, respectivement œuvres de Nicolas-Sébastien Adam (réalisée entre 1747 et 1749) et de Claude-Louis Vassé ornent le choeur. Sur ce monument la reine de Pologne est représentée agenouillée auprès d'un ange qui l'incite à se tourner vers le ciel ; à ses pieds la Charité et la Religion déplorent la perte de cette souveraine fort dévote. Stanislas, quant à lui en grand apparat royal, est pleuré par la Charité et la Lorraine. Ces deux splendides sculptures survécurent à la Révolution, sauvées par la qualité de leur exécution, mais elles furent remontées avec peu de soin (ce qui nuit à l'effet coloré des marbres de provenances diverses). François-Maximilien Ossolinski, grand maître de la maison du roi, commanda un monument funéraire à Vassé qui sculpta également le monument signalant le dépôt du cœur de Marie Leszczynska, épouse de Louis XV et fille de Stanislas, ils voisinent avec les tombeaux des souverains.

Le sanctuaire est devenu indissociable de l'histoire de la Pologne ; en effet d'illustres polonais de passage se sont recueillis sur le cénotaphe de Stanislas : ce fut le cas du général Sokolnicki (défenseur de Paris en 1814) ; les proscrits de l'insurrection de novembre (1830) s'y sont arrêtés.

Une réplique de la Vierge de Czestochowa démontre que le sanctuaire est chéri par la communauté polonaise émigrée en Lorraine dont Notre-Dame-de-Bonsecours est la paroisse.

Visites

L'église est ouverte le samedi de 14h à 17h

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